Pollution de l’air à Fungurume : Manomapia suffoque sous l’usine 30K?
L’usine 30K de Tenke Fungurume Mining (TFM) pollue massivement l’air que respirent les communautés riveraines de Fungurume, dans la province du Lualaba. Entre novembre 2025 et juillet 2026, le Consortium Mazingira Pour Tous, en collaboration avec Resource Matters, a mené une enquête scientifique et qualitative pour documenter les impacts réels de cette pollution. Les résultats ne laissent aucun doute : des concentrations de dioxyde de soufre (SO₂) dépassant les normes de l’OMS, des symptômes respiratoires et oculaires affectant 90% des habitants de Manomapia, et une inaction persistante des autorités face à une violation flagrante des droits environnementaux et humains. Ce rapport apporte les preuves scientifiques, cliniques et juridiques d’une crise sanitaire silencieuse que le silence institutionnel ne peut plus masquer.
Le rapport présente des données irréfutables : des pics de SO₂ à 0,7 ppm (3,7 fois le seuil OMS), un suivi longitudinal de 209 participants confirmant une prévalence massive de symptômes irritatifs, et 47 entretiens documentant l’impact socio-économique dévastateur sur les populations. Mais ce n’est pas qu’un rapport d’alerte, c’est aussi un appel à l’action.
Le Consortium Mazingira Pour Tous appelle les autorités nationales et provinciales à instruire une inspection mixte associant experts indépendants, ministères compétents et représentants de TFM, dont les résultats doivent être publiés. Les autorités doivent assurer la prise en charge médicale intégrale des populations affectées pour les symptômes documentés et créer un fonds d’indemnisation transparent pour les victimes et les familles. L’élaboration d’une norme nationale de qualité de l’air pour le SO₂, alignée sur les recommandations de l’OMS, est également impérative.
TFM doit de toute urgence installer des systèmes de filtration et des cheminées adéquates pour réduire fortement les émissions polluantes et publier en temps réel ses données de surveillance atmosphérique. L’entreprise doit établir un dialogue sincère avec les communautés et documenter ses réponses aux préoccupations soulevées. Elle doit également mettre en place un fonds pour la prise en charge des soins et l’indemnisation des populations affectées, reconnaissant ainsi sa responsabilité dans cette crise sanitaire.
Téléchargez le rapport et rejoignez l’appel pour que le droit à un environnement sain cesse d’être une promesse pour devenir une réalité à Fungurume.