Resource Matters Rapport annuel 2018-2020

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RM - Rapport d'activités 2018-2020 (PDF)

Ce premier rapport d’activité marque le début du travail de Resource Matters pour répondre à un paradoxe fondamental en République démocratique du Congo : un pays doté d’immenses richesses minières et énergétiques, dont une grande partie de la population ne bénéficie pourtant que très peu. Entre 2018 et 2020, Resource Matters a posé les bases d’une approche fondée sur une recherche rigoureuse, un plaidoyer pragmatique et une collaboration étroite avec la société civile congolaise.

Électricité

Au cours de ces premières années, l’organisation s’est concentrée sur deux secteurs d’importance critique pour l’avenir du pays : l’énergie et les mines, tout en faisant de la lutte contre la corruption une priorité transversale. Dans le secteur de l’énergie, Resource Matters a lancé Mwinda pona Congo, première phase de ce qui deviendra par la suite Congo Epela. En collaboration avec des partenaires académiques tels que l’Université du Cap, le Reiner Lemoine Institute et le KTH de Stockholm, l’organisation a identifié les meilleures données disponibles, sélectionné des outils de modélisation de l’électrification, mené des enquêtes sur la demande des ménages et commencé à construire une base de données permettant d’identifier les solutions d’électrification les plus économiques à l’échelle du pays. Un accord de coopération avec l’unité de coordination de projets du ministère de l’Énergie a également permis d’ancrer ce travail au niveau institutionnel.

Parallèlement, Resource Matters a investi de manière significative dans le soutien aux organisations de la société civile congolaise à travers le réseau Mwangaza. Dans plusieurs provinces, les partenaires ont suivi des projets hydroélectriques et électriques et utilisé leurs conclusions pour plaider en faveur de plus de transparence, d’une meilleure planification, d’une protection accrue des communautés et d’un accès plus équitable à l’électricité. Ce travail a notamment porté sur des projets majeurs tels que Inga III, Busanga, Budana, Zongo I et II, et Ruzizi, ainsi que sur un engagement croissant avec les autorités provinciales et dans le débat public sur les politiques d’électrification.

Mines

Dans le secteur minier, Resource Matters a contribué au lancement de Makuta ya Maendeleo, un consortium dédié à l’amélioration de la collecte, de l’allocation et de l’utilisation des redevances minières destinées aux entités territoriales décentralisées. Les premières recherches ont mis en évidence d’importantes lacunes de gouvernance et proposé des solutions réglementaires concrètes afin de garantir que les revenus miniers soutiennent davantage le développement local.

Corruption

Dans l’ensemble de ces activités, la lutte contre la corruption est restée un fil conducteur. À travers la coalition « Le Congo n’est pas à vendre », Resource Matters a contribué à des campagnes, enquêtes et analyses portant sur des contrats miniers opaques, le rôle de Dan Gertler dans le secteur, les risques de corruption dans les chaînes d’approvisionnement du cobalt, ainsi que les enjeux de gouvernance liés à la Gécamines.

Pris dans leur ensemble, les années 2018–2020 ont été fondatrices : elles ont permis d’établir Resource Matters comme une organisation alliant rigueur scientifique, plaidoyer stratégique et partenariats solides avec les acteurs congolais, afin de contribuer à ce que les ressources naturelles du pays profitent à sa population.

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