Onze responsables communautaires emprisonnés en RDC après avoir dénoncé TFM
Un collectif d’organisations de la société civile internationales et nationales s’unissent pour condamner l’arrestation et la détention arbitraire de 11 leaders communautaires de la province du Lualaba en République démocratique du Congo (RDC). Ces leaders ont été arrêtés pour avoir protesté contre les répercussions sur leur vie, leurs moyens de subsistance et leur santé des activités de Tenke Fungurume Mining (TFM), l’une des plus grandes sociétés minières de cuivre et de cobalt au monde et la filiale du Groupe CMOC, le plus grand producteur mondial de cobalt.
Comme l’a rapporté l’Observatoire Africain des Ressources Naturelles (AFREWATCH), 11 leaders de la communauté délocalisée de Kabombwa ont été arrêtés le 1er mai 2026 et sont maintenus pour la majorité d’entre eux en détention depuis lors. Les leaders ont été arrêtés à Kabombwa, leur ancien village, où ils étaient revenus s’installer quelques jours plus tôt pour protester contre un processus de délocalisation qu’ils jugeaient injuste. A ce jour, 8 inpidus sont toujours détenus. Les leaders communautaires avaient adressé un lettre d’information à l’autorité communale de Fungurume, datée du 7 avril 2026, avant de prendre la décision de rentrer dans leur ancien village.
En 2020, TFM a construit une usine de chaux près de la communauté de Kabombwa sans consulter les centaines d’habitants vivant à proximité, et ce malgré les inquiétudes de longue date concernant les répercussions de l’aménagement du site sur l’environnement et la santé publique. Les médias et la société civile ont à plusieurs reprises rapporté, notamment sur la base d’analyses scientifiques spécifiques, que l’usine de chaux serait la cause de pollutions de l’air, de l’eau et des sols, avec pers effets néfastes sur les écosystèmes et la santé humaine.
TFM a nié ces accusations. Les populations déplacées ainsi que les médias et les organisations de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme face aux graves problèmes de santé auxquels sont confrontées ces populations, ainsi qu’aux conditions économiques extrêmement précaires dans lesquelles elles se trouvent désormais. Le règlement minier de la RDC stipule que toute personne relogée en raison d’activités minières a droit au « restauration ou à la création de conditions de vie égales ou supérieures à son niveau de vie antérieur ». La rélocalisation des habitants de Kabombwasemble s’être déroulée en contradiction flagrante avec les exigences explicites inscrites dans la législation de la RDC.
De ce qui précède, les organisations signataires recommandent :
Au gouvernement de la République Démocratique du Congo de:
- Procéder à la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues.
- Garantir la protection des défenseurs des droits humains et mettre fin à toute forme d’intimidation, de harcèlement ou de criminalisation des acteurs communautaires.
- Ouvrir une enquête indépendante et transparente sur les circonstances des arrestations et les allégations de violations des droits humains et des droits des communautés.
Aux sociétés qui ont TFM dans leurs chaînes d’approvisionnement:
- Exercer une vigilance accrue afin de garantir le respect des droits humains et des droits
- des communautés dans les zones d’exploitation minière.
- Conditionner leur marché et approvisionnement au respect des normes internationales en matière de droits humains et de gouvernance responsable des ressources naturelles.